A propos de

Bonjour et bienvenue sur mon blog « SIG-NATURE » dédié aux SIG et à l’environnement ! SIG-NATURE est né de la fusion des mots « SIG » pour Systèmes d’Information géographique (SIG) et du mot « Nature ».

Qui suis-je ?

Passionné par l’environnement et la préservation des écosystèmes, je suis spécialisé en écologie des marais littoraux et en restauration écologique. Grâce à mon parcours de recherche, j’ai acquis une solide expertise dans l’évaluation des écosystèmes, en m’appuyant sur des méthodes de suivi écologique et des outils de SIG. J’ai également développé de fortes compétences en analyses de données environnementales, que ce soit pour le traitement, l’interprétation ou la synthèse des résultats.

Sur le terrain, j’ai une expérience approfondie dans la collecte de données écologiques, en utilisant différentes méthodes comme les quadrats, transects, relevés phytosociologiques, cartographies de végétations ou encore l’échantillonnage D-VAC, filet fauchoir ou pièges Barber mais aussi de mesures topographiques. La rigueur scientifique étant essentielle dans mon travail, je réalise une veille scientifique continue, j’accompagne mes analyses par des références bibliographies précises et je contribue à la rédaction de rapports et d’articles de recherche.

Aujourd’hui, je souhaite mettre mon expertise au service de l’environnement, de la recherche, de la formation et de la vulgarisation scientifique, afin de transmettre mes connaissances et de contribuer activement à la préservation et à la restauration des écosystèmes.

Mes axes de recherches

Mon travail de recherche s’inscrit principalement dans une approche de recherche-action (Figure 1), initiée par des besoins d’ordre social, économique ou politique. Ces besoins génèrent des problématiques de recherche qui trouvent leur place au sein d’un ou de plusieurs champs disciplinaires, nécessitant ainsi une approche pluridisciplinaire pour pouvoir y répondre. À l’heure actuelle, j’étudie les socio-écosystèmes, principalement littoraux, en privilégiant une approche écologique qui examine les effets de diverses variables (réouverture à la mer, présence d’espèces invasives) sur la biodiversité et vise à approfondir la connaissance du fonctionnement des écosystèmes ainsi que de l’écologie des espèces. En parallèle, je me suis initié aux sciences sociales (Sociologie et Économie de l’environnement), durant mon cursus mais principalement grâce à mes collègues des programmes de recherche PEPPS et DPM, afin d’évaluer la restauration des marais d’un point de vue pluridisciplinaire.

Figure 1 : Thématiques centrales de mes travaux de recherche (Salgueiro-Simon 2024).

Des besoins sociétaux ou institutionnels…             

Les programmes de recherche auxquels j’ai participé par le passé ont toujours répondu à des demandes politiques et/ou sociétales spécifiques du territoire, traduisant des préoccupations concrètes d’aménagement et de gestion environnementale. Ces demandes émanaient directement des collectivités territoriales, d’associations et des gestionnaires d’espaces naturels confrontés à des défis écologiques majeurs nécessitant un appui scientifique pour orienter leurs politiques publiques. Ma thèse s’est ainsi inscrite dans les programmes PEPPS (2018 à 2021) et DPM (2021 à 2025), tous deux centrés sur les enjeux de dépoldérisation, une problématique cruciale pour les territoires côtiers bretons engagés dans des stratégies de restauration écologique face aux changements globaux et à l’érosion côtière. Le programme PEPPS a examiné l’impact à long terme de ces opérations de restauration d’un point de vue pluridisciplinaire (écologie des communautés végétales, d’arthropodes terrestres et de poissons mais aussi de représentations sociales et en termes de services écosystémiques) pour évaluer leur efficacité sur plusieurs décennies. Le programme DPM s’est concentré sur l’étude de la restauration à court terme, les mécanismes de recolonisation des écosystèmes et les représentations sociales de cette restauration, s’efforçant de fournir aux gestionnaires des outils d’aide à la décision (Figure 2).

Figure 2 : Document d’aide à la décision : La restauration des marais salés du Littoral Manche-Atlantique (Collectif DPM, 2025)

Parallèlement, j’ai participé à plusieurs travaux de recherche sur Baccharis halimifolia, espèce invasive fortement implantée dans le Morbihan, répondant aux besoins urgents de gestion de cette problématique environnementale, avec le soutien financier du Département du Morbihan et en partenariat avec le Syndicat Mixte de la Ria d’Etel, le Parc Naturel Régional du Golfe du Morbihan et l’association du Collectif Anti-Baccharis.

En amont, mes travaux de master avaient porté sur la définition et la mise en place d’une trame brune au sein de Brest Métropole, répondant aux orientations de planification écologique urbaine de cette collectivité confrontée aux enjeux de fragmentation des habitats souterrains et de connectivité des sols. Cette demande s’inscrivait dans une démarche de complément aux trames verte et bleue existantes, visant à restaurer les continuités écologiques pour la faune du sol et les processus pédologiques, essentiels au bon fonctionnement des écosystèmes urbains et périurbains dans un contexte d’artificialisation croissante du territoire métropolitain.

Cette recrudescence des sollicitations de la part des acteurs territoriaux a témoigné d’une évolution significative du paysage de la recherche environnementale. Face aux défis écologiques contemporains et à l’urgence des décisions à prendre, les gestionnaires, collectivités et associations ont interpellé de plus en plus fréquemment la communauté scientifique pour éclairer leurs choix stratégiques et opérationnels. Cette dynamique a conduit naturellement la recherche académique à réorienter ses questionnements et ses méthodes autour de ces préoccupations territoriales concrètes.

…qui font naître des interrogations scientifiques…

C’est dans cette logique que je m’inscris pleinement dans une démarche de recherche-action, où je considère que la production de connaissances scientifiques doit s’articuler avec les besoins des acteurs de terrain, favorisant une approche collaborative qui enrichit à la fois la compréhension théorique des phénomènes étudiés et leur application pratique pour la gestion des socio-écosystèmes.

Ces questionnements méthodologiques et opérationnels ont commencé dès mes études,dans le cadre de mes travaux de master portant sur la trame brune. Face à la demande de Brest Métropole d’envisager de manière plus précise la mise en place de la trame brune, plusieurs questions de recherche structurantes ont émergé. La première interrogation portait sur la définition d’une trame brune ainsi que sur l’identification des critères à retenir pour identifier et caractériser les continuités pédologiques à l’échelle d’un territoire métropolitain. Cette question supposait de déterminer quels indicateurs pédologiques, biologiques et fonctionnels seraient pertinents pour évaluer la qualité et la connectivité des sols urbains et périurbains. La seconde problématique concernait les méthodes d’évaluation de la connectivité entre les différents habitats souterrains, nécessitant de définir quels seuils de perméabilité et quelles distances de dispersion considérer pour la faune du sol et les processus pédologiques. Un enjeu majeur résidait également dans la question de l’intégration multi-échelles de cette trame brune : comment articuler les analyses de connectivité depuis l’échelle locale des habitats jusqu’à l’échelle métropolitaine des grands corridors écologiques ? Cette interrogation a conduit à questionner les outils cartographiques les plus adaptés pour réaliser une cartographie opérationnelle de la trame brune. Il s’agissait notamment de déterminer quelles couches d’information (pédologique, topographique, d’occupation du sol, de fragmentation) croiser et selon quels modèles de pondération pour produire une cartographie de la connectivité souterraine utilisable par les services d’aménagement.

Par la suite, dans le cadre de mes activités d’enseignement, j’ai pu retravailler sur cette thématique, notamment dans le cadre de questionnements portant sur les modalités d’application concrète de cette trame brune dans les documents de planification urbaine de Brest Métropole : comment traduire les enjeux de connectivité pédologique en prescriptions réglementaires et techniques pour les projets d’aménagement ? Cette recherche appliquée visait ainsi à fournir non seulement une méthode de caractérisation de la trame brune, mais aussi des outils opérationnels d’aide à la décision pour intégrer cette nouvelle approche de connectivité écologique dans leurs politiques d’aménagement durable du territoire métropolitain.

C’est cependant lors de mes travaux de thèse, que les questionnements méthodologiques et de recherches appliquées ont été les plus poussés. Mes travaux ont ainsi cherché à répondre à des interrogations cruciales pour les gestionnaires confrontés aux défis de la restauration écologique des milieux littoraux. La question centrale qui a guidé mes recherches était de comprendre quelle est l’influence des conditions initiales sur les processus de transformation lors des opérations de dépoldérisation. Cette interrogation découle de la nécessité, exprimée par les gestionnaires, d’adapter leurs méthodes d’intervention à l’état initial des sites afin d’optimiser l’efficacité de leurs interventions, m’a conduit à analyser finement les caractéristiques préexistantes des sites avant restauration et leur impact sur les trajectoires écologiques en fonction du type d’intervention. La seconde question structurante de mes travaux portait sur l’identification des différentes phases des trajectoires d’évolution de la végétation et des peuplements faunistiques, en lien avec la modification des conditions stationnelles. Cette problématique répond au besoin des gestionnaires de disposer de repères temporels et d’indicateurs pour évaluer l’efficacité de leurs actions de restauration et adapter leurs stratégies de suivi. Ces questionnements s’appuient sur deux hypothèses de travail majeures qui reflètent à la fois les enjeux scientifiques et opérationnels de la restauration écologique. La première hypothèse, selon laquelle le succès de la dépoldérisation se joue dans la dynamique courte correspondant au « juste avant » et au « juste après » la reconnexion, répond directement aux interrogations des gestionnaires sur les moments critiques à surveiller et les fenêtres d’intervention optimales. Cette hypothèse suppose que les conditions préexistantes, les caractéristiques des travaux réalisés et les phases initiales de transformation affectent tant les dynamiques écologiques que sociales, guidant ainsi mes analyses vers une approche intégrée des processus de restauration. La seconde hypothèse, proposant que les petits systèmes sont de meilleures cibles de restauration que les grands où les dynamiques et contraintes sont souvent trop fortes et complexes, traduit une préoccupation stratégique des gestionnaires quant à la priorisation de leurs efforts et l’allocation de leurs ressources limitées.

Au-delà de ces questionnements centraux, mes travaux se sont enrichis d’interrogations complémentaires issues d’autres collaborations territoriales. Les recherches sur Baccharis halimifolia ont porté sur l’étude des impacts de cette espèce invasive sur la végétation et les arthropodes selon différents types de milieux, visant à déterminer quels habitats sont les plus vulnérables et comment le Baccharis influence les communautés faunistiques et floristiques adjacentes.

…touchant plusieurs domaines d’expertise et méthodes d’analyses

Mes travaux ont nécessité de mobiliser et de croiser plusieurs domaines d’expertise et méthodes d’analyse, reflétant la nature intrinsèquement pluridisciplinaire des enjeux de gestion des socio-écosystèmes. L’écologie de la restauration a constitué le socle conceptuel de mes recherches, fournissant les cadres théoriques pour comprendre les processus de recolonisation et d’évolution des écosystèmes perturbés. Cette approche s’est enrichie d’une perspective d’écologie des communautés permettant d’analyser les dynamiques de structuration des peuplements végétaux et faunistiques au cours des processus de restauration, en considérant les interactions interspécifiques et les facteurs environnementaux déterminants. L’analyse spatiale s’est révélée indispensable pour appréhender les phénomènes de connectivité écologique et caractériser la fragmentation des habitats, particulièrement dans le cadre de l’étude de la trame brune où la dimension spatiale constitue un enjeu central. Les méthodes de clustering ont permis d’identifier des groupes homogènes au sein des communautés biologiques et de révéler les patterns d’organisation des écosystèmes, tandis que l’identification d’espèces indicatrices a fourni des outils de diagnostic pour évaluer l’état écologique des milieux restaurés et suivre leur évolution. Cette approche naturaliste s’est complétée d’une évaluation pluridisciplinaire intégrant les dimensions écologiques, sociales et économiques des processus de restauration, reconnaissant la complexité des interactions entre les systèmes naturels et les sociétés humaines. L’ensemble de ces méthodes converge vers un objectif commun : la caractérisation et la compréhension des socio-écosystèmes dans leur globalité, considérant à la fois leurs composantes biotiques et abiotiques ainsi que les usages et représentations sociales qui leur sont associés.

Écologie des communautés

Mes travaux de recherche ont principalement mobilisé l’analyse des communautés biologiques comme approche centrale pour approfondir la compréhension du fonctionnement écologique de différents écosystèmes, principalement les milieux tempérés et littoraux dans des contextes de restauration écologique. J’ai principalement travaillé sur les marais maritimes littoraux dans le cadre de dépoldérisations et de reconnexions menées sur le littoral armoricain, où l’enjeu consiste à comprendre les dynamiques de recolonisation et les trajectoires d’évolution des communautés biologiques suite aux opérations de restauration. Ces marais restaurés constituent des laboratoires naturels pour étudier les propriétés de résilience écologique et les mécanismes d’assemblage des communautés (Keddy 1992, Weiher & Keddy 1995) dans des environnements soumis à de fortes contraintes. Parallèlement, j’ai contribué à deux thèses portant sur la restauration des tourbières, milieux particulièrement sensibles où les processus de régénération sont lents et les équilibres hydriques critiques pour le maintien de la biodiversité spécialisée. Mes analyses se déploient à plusieurs échelles d’organisation biologique, de l’espèce jusqu’aux groupements de végétation et habitats, s’inscrivant ainsi dans une perspective d’écologie du paysage. Ma méthodologie s’articule autour du cadre conceptuel établi par Whittaker (1972), distinguant deux composantes complémentaires de la diversité biologique particulièrement pertinentes dans le contexte de la restauration écologique :

  • La diversité alpha (α), quantifiant la richesse spécifique observée localement au sein d’un habitat donné, permettant d’évaluer le succès de recolonisation des sites restaurés,
  • La diversité bêta (β), mesurant les variations de composition spécifique et le turnover des espèces entre différents sites ou habitats d’une même région, révélatrice des gradients environnementaux et des processus de différenciation entre sites de référence et sites restaurés.

Ces analyses sont enrichies par des comparaisons multidimensionnelles des diversités taxonomiques et fonctionnelles, visualisées grâce aux représentations graphiques générées par le package iNext.3D (Chao et al., 2021). Cette approche permet de modéliser les courbes de diversité en fonction de la couverture d’échantillonnage selon les trois ordres de diversité de Hill (q=0, q=1 et q=2), correspondant respectivement aux mesures de richesse, de diversité de l’exponentiel de Shannon et de l’inverse de Simpson, facilitant ainsi la comparaison entre sites restaurés et sites de référence.

L’analyse de la diversité bêta repose sur l’utilisation d’ordinations NMDS (Non-metric Multidimensional Scaling) couplées à des tests ANOSIM (Analysis of similarities), implémentés via le package betapart (Baselga 2018). Les ordinations sont réalisées selon deux approches : en données de présence/absence utilisant les matrices de distance de Sorensen (Baselga 2010), et en intégrant l’abondance des espèces par le biais des matrices de distance de Bray-Curtis (Baselga 2017). Cette double approche permet de capturer différentes facettes de la structure des communautés et d’identifier les patterns de convergence ou de divergence entre les trajectoires de restauration.

Analyse spatiale

L’analyse spatiale constitue un axe méthodologique central de mes recherches, permettant d’appréhender la dimension spatiale des processus écologiques et d’intégrer les patterns spatiaux dans la compréhension du fonctionnement des socio-écosystèmes. Cette approche, pourtant peu utilisée (Gilby et al., 2018) s’avère pertinente dans le contexte de la restauration écologique où la répartition spatiale des habitats et l’hétérogénéité des groupements de végétation (Figure 4 – Salgueiro-Simon et al., 2021) influencent directement les trajectoires de recolonisation et les dynamiques de succession. Dans le cadre des marais en dépoldérisation, l’analyse de l’hétérogénéité spatiale (Fahrig et al., 2011) permet de caractériser la mosaïque d’habitats résultant des opérations de restauration et d’identifier les différences de composition qui structurent la distribution des communautés végétales entre sites naturels et dépoldérisés ou de configuration (Fahrig et al., 2011) via l’analyse des surfaces et formes des patchs de végétations (Salgueiro-Simon et al., 2021 ; Salgueiro-Simon et al., 2025).

Figure 4: Cartographie de végétation de l’estuaire de l’Islet réalisée en 2019 (Salgueiro-Simon et al., 2021).

L’exemple de la trame brune illustre l’intérêt de cette dimension spatiale appliquée à la connectivité écologique. Cette approche nécessite de cartographier la continuité pédologique à différentes échelles territoriales et d’identifier les corridors de dispersion pour la faune du sol (Figure 5). L’analyse spatiale permet ici de caractériser la fragmentation des habitats liée aux milieux urbain et périurbain, en croisant les données pédologiques et d’occupation du sol pour modéliser les réseaux de connectivité.

Figure 5 : Estimation du niveau de perméabilité des sols de Brest Métropole.

Mon intérêt pour l’analyse spatiale s’étend également à la spatialisation des paramètres environnementaux pour expliquer la répartition des espèces et les patterns de biodiversité. Dans le cadre de ma thèse, j’ai notamment développé des cartographies d’indices d’Ellenberg (Figure 6), permettant de caractériser spatialement les conditions écologiques (humidité, nutriments, pH, lumière) et d’analyser leur influence sur la distribution des communautés végétales. Cette approche me permet d’identifier les gradients environnementaux structurant les assemblages d’espèces et de comprendre comment les facteurs abiotiques déterminent les trajectoires de succession dans les écosystèmes restaurés. La spatialisation de ces indices constitue un outil précieux pour prédire les zones favorables à certaines espèces en fonction des contraintes environnementales locales.

Figure 6 : Cartographie de l’indice d’Ellenberg de salinité réalisée sur l’estuaire de l’Islet en 2019.

Cet attrait s’est encore plus développé au début de ma thèse où j’ai réalisé une modélisation 3D de certains de mes sites d’étude à partir de Modèles Numériques de Terrain (MNT), dans l’objectif d’associer les données de paramètres environnementaux aux données spatiales, notamment l’altitude, pour expliquer les trajectoires de restauration. Cette approche tridimensionnellepermet d’appréhender finement la topographie et son influence sur les processus hydrologiques et la distribution des habitats. Cet exercice m’a poussé à vouloir développer mes compétences en modélisation spatiale et c’est pourquoi, j’ai suivi en novembre 2024 une formation spécialisée portée par l’EPHE et le Centre de Géoécologie littorale de Dinard. La formation a porté sur l’analyse de données spatiales issues de drones, incluant les techniques de Kriging, de Classification/Régression et l’utilisation du logiciel Metashape pour la modélisation 3D.

Clustering

Le clustering représente une méthode d’analyse fondamentale dans mes recherches, permettant d’identifier des groupes homogènes au sein des communautés biologiques et de révéler les patterns d’organisation des écosystèmes étudiés. Cette approche s’appuie principalement sur la Classification Hiérarchique sur Composantes Principales (HCPC), méthode hybride qui combine la réduction de dimensionnalité des analyses multivariées avec les techniques de classification ascendante hiérarchique. Les analyses de clustering sont réalisées à partir de matrices de distance calculées sur les données d’analyses multivariées (AFC ou ACP), permettant de structurer les assemblages d’espèces en groupes écologiquement cohérents reflétant les affinités environnementales et les réponses fonctionnelles similaires.

Identification d’espèces indicatrices

L’identification d’espèces indicatrices constitue également un outil méthodologique récurent de mes recherches, visant à identifier des taxons dont la présence, l’abondance ou ses caractéristiques renseignent de manière fiable sur l’état écologique des milieux étudiés et l’efficacité des processus de restauration. Cette approche s’appuie principalement sur la méthode Indval (Indicator Value), qui calcule la valeur indicatrice (Dufrêne et Legendre, 1997) des espèces en combinant leur fidélité (spécificité à un groupe ou habitat) et leur constance (fréquence d’occurrence dans ce groupe). Cette méthode permet d’identifier statistiquement les espèces significativement associées à des conditions environnementales ou des stades écologiques particuliers, offrant une approche objective pour la sélection des bioindicateurs.

La méthode Indval trouve une application directe dans l’identification d’espèces d’arthropodes indicatrices selon la zonation spatiale des marais restaurés, révélant comment certains taxons reflètent les gradients de salinité ou d’hydromorphie caractéristiques de ces écosystèmes littoraux. Cette approche permet notamment de distinguer les assemblages d’arthropodes typiques des zones hautes (moins soumises aux submersions) de ceux des zones basses (plus halomorphes), fournissant des indicateurs fiables de la structuration spatiale des habitats restaurés (article en relecture par les co-auteurs). À titre d’illustration, cette approche méthodologique a permis d’identifier plusieurs espèces d’arthropodes particulièrement représentatives de la zonation écologique des marais restaurés. Ainsi, Erigone longipalpis (Linyphidae) s’est révélée être une espèce indicatrice des niveaux topographiques les plus bas (Végétation halophile pionnière et bas schorre), correspondant aux zones les plus fréquemment submergées et présentant les contraintes halomorphes les plus marquées. À l’inverse, Argenna patula (Dictynidae) caractérise les types de végétation intermédiaires (VBS et VHS), témoignant d’une adaptation aux conditions de submersion modérée. Enfin, Tenuiphantes tenuis (Linyphidae), espèce généraliste présente une distribution plus large couvrant plusieurs types de végétation (VHP-VMS-VHS), suggérant une amplitude en termes de tolérances écologiques permettant à cette espèce de coloniser différents niveaux de la zonation. Ces résultats illustrent comment l’analyse des espèces indicatrices permet de révéler les préférences écologiques des arthropodes et de caractériser la structuration spatiale des habitats restaurés en fonction des gradients environnementaux.

Parallèlement, l’application de la méthode indval à l’identification d’espèces indicatrices des stades de recolonisation révèle les successions temporelles des communautés biologiques et permet de caractériser les stades dynamiques des écosystèmes en cours de restauration (Salgueiro-Simon 2024).

Cette analyse temporelle met en évidence une dynamique de succession écologique où les espèces pionnières des milieux perturbés dominent généralement les premières années suivant la restauration, avant d’être progressivement remplacées par des espèces plus spécialisées et typiques des marais matures que l’on retrouve sur les sites de référence naturels (Salgueiro-Simon 2024). Cette transition progressive des communautés vers des assemblages spécialisés constitue un indicateur clé du succès de la restauration et permet d’évaluer la trajectoire de convergence des sites restaurés vers un état écologique stable comparable aux écosystèmes de référence.

Écologie de la restauration

La forte accélération des progrès scientifiques et techniques réalisés à partir de la révolution industrielle a décuplé les impacts des activités humaines sur l’environnement, le climat et les écosystèmes terrestres (Turner et al., 2007). Ainsi, même si les milieux subissent naturellement des perturbations (Burel et Baudry, 1999 ; Gann et al., 2019), les actions humaines en sont la principale origine (Vitousek et al., 1997), entraînant la perte actuelle de biodiversité et les changements globaux (Vitousek et al., 1997 ; IPCC 2023). Pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes actuels, prédire leur évolution et envisager leur restauration, il est nécessaire de comprendre ces interactions entre sociétés humaines et environnement (Robert et Chenorkian, 2014). Face à ces constats, la restauration écologique s’impose comme une pratique indispensable pour atténuer et réparer les effets des perturbations d’origine anthropique sur les écosystèmes. Cette discipline scientifique a émergé dans les années 1980 face à l’urgence croissante de répondre aux enjeux de dégradation des espaces naturels (Jordan III et al., 1988). Le besoin de restaurer des écosystèmes impactés par les activités humaines a conduit à la structuration de cette communauté scientifique internationale (Cristofoli et Mahy, 2010), notamment via le réseau SER (Society for Ecological Restoration) (Gann et al., 2019).

La restauration écologique vise ainsi à réparer les dommages causés aux milieux naturels en s’appuyant sur une compréhension des interactions entre les espèces, leurs habitats et les processus écologiques. L’objectif est de rétablir les fonctions écologiques clés des écosystèmes perturbés, afin qu’ils retrouvent un état de résilience et puissent accueillir une biodiversité de référence et fournir des services écosystémiques nécessaires au bien-être humain. L’écologie de la restauration s’appuie sur des approches pluridisciplinaires et interdisciplinaires (Gann et al., 2019), mobilisant les connaissances scientifiques et les savoirs locaux (Robert et Chenorkian, 2014).

C’est dans ce cadre conceptuel que s’inscrivent mes travaux de recherche depuis la fin de mon master. Mes recherches se sont pleinement ancrées dans les principes fondamentaux de l’écologie de la restauration, mobilisant cette approche scientifique pour comprendre et optimiser les processus de restauration des écosystèmes littoraux.

Evaluation pluridisciplinaire et la roue de la restauration

L’évaluation de la restauration écologique représente un axe majeur de ma recherche, domaine dans lequel j’ai pu acquérir une solide expérience Au sein des équipes de recherche, j’ai contribué à la mise en œuvre et à l’adaptation des standards internationaux de la Society for Ecological Restoration (SER). Nous avons appliqué le cadre méthodologique de SER International basé sur 6 attributs principaux (Figure 8) que nous avons décliné en paramètres spécifiques adaptés aux contextes de nos études (Salgueiro-Simon et al., 2021).

Figure 8 : Modèle conceptuel de roue de la restauration développé dans le cadre de ma thèse sur la restauration de marais littoraux après dépoldérisation.

Caractérisation et compréhension de socio-écosystèmes

La caractérisation et la compréhension des socio-écosystèmes constituent un domaine de recherche qui m’attire particulièrement par sa dimension interdisciplinaire et systémique. Mon intérêt pour cette approche s’est développé à travers mes expériences dans les programmes PEPPS et DPM, où j’ai pu constater combien les projets de restauration écologique s’inscrivent dans des dynamiques complexes mêlant enjeux écologiques, sociaux et territoriaux. Cette approche me passionne car elle dépasse la vision cloisonnée traditionnelle pour appréhender les interactions dynamiques entre les systèmes naturels et les sociétés humaines.

J’ai notamment contribué au développement d’outils d’évaluation intégrant à la fois les dimensions écologiques et socio-territoriales, permettant de saisir comment les projets de restauration génèrent des connaissances, des processus d’acculturation et des reconfigurations territoriales. Cette perspective systémique me semble essentielle pour comprendre la durabilité des interventions sur les écosystèmes et leur appropriation par les acteurs locaux. Elle offre également des clés pour anticiper et accompagner les transformations territoriales induites par les politiques environnementales contemporaines. Nous avons développé une évaluation sociologique inspirée de la méthode SER mais adaptée, reposant sur de nouveaux indicateurs fondés sur l’analyse des dynamiques sociales, territoriales et politiques des sites étudiés. Cette double approche – écologique et socio-territoriale – permet une vision globale des projets de restauration et de leurs effets multiples sur les territoires.

Cette démarche intégrée s’est notamment concrétisée par le croisement des données environnementales avec les données issues d’entretiens semi-directifs (Figure 9) menés auprès des acteurs locaux, permettant d’analyser les représentations sociales de la dépoldérisation et de la restauration en regard des résultats écologiques observés. Cette double approche – écologique et socio-territoriale – permet une vision globale des projets de restauration et de leurs effets multiples sur les territoires.

Figure 9 : Dynamiques croisées de la dépoldérisation (Collectif DPM, 2025)

Pourquoi un blog de tutoriels sur le SIG et l’environnement ?

Tout d’abord, j’ai toujours aimé lire des blogs sur internet ! Dans le cadre de mes activités professionnelles ou personnelles, dès que j’ai une question, je suis toujours prompt à effectuer une recherche en ligne ou à regarder des vidéos pour trouver des réponses, des astuces susceptibles de me faciliter la vie, de me former à de nouvelles compétences ou à chercher des avis sur un livre, un lieu ou autres.

Dans le cadre de mes études en master, j’ai fait une découverte qui a défini par la suite mes principaux axes de recherches : la cartographie ! En effet, suite à différents projets et stages, je me suis découvert une passion pour les bases de données, la programmation, la cartographie d’habitat et l’acquisition de données naturalistes. J’ai été captivé par les différentes informations que pouvait nous apporter une carte : se représenter une réalité de terrain, comprendre la répartition des espèces animales et végétales sur le site, prévoir des actions de gestion ou de conservation sur la zone cartographiée ou identifier des zones à forts enjeux…

Avec ce blog, je souhaite partager mes connaissances et mon expérience techniques en créant des tutoriels pratiques dans les domaines des SIG, de la programmation et de l’analyse spatiale, mais aussi en parlant de sujet en lien avec l’environnement. Que vous soyez des étudiants souhaitant se former sur les données environnementales, des écologues ou des naturalistes cherchant à traiter des données, ou simplement des curieux de passage, je souhaite vous faire découvrir le monde de la SIG appliquée à l’environnement. Sur ce site, je vous proposerais des articles de blog pour expliquer les concepts et aider ceux qui commencent en reprenant les bases. Je réaliserais des tutoriels afin de vous présenter différents types d’analyses. Enfin, je partagerai des astuces qui m’ont été très utiles et m’ont grandement facilité la vie. Mon objectif est de créer une ressource informative et pratique pour vous accompagner dans vos analyses environnementales.

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